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Pourquoi et comment initier les collégiens et lycéens au fact checking ?

fact checking ado

D’après Santé publique France, les enfants de 6 à 17 ans passent en moyenne 4h11 par jour sur un écran, hors temps scolaire. Chez les ados, la préférence va aux réseaux sociaux, TikTok, Instagram et YouTube en tête. Ils “consomment” des vidéos courtes et carrousels, notamment des “shorts” et “trends” virales. Drôles, étonnants, choquants ou révoltants, ces contenus frappent l’imagination et influencent le bien-être et l’opinion des jeunes. Parmi ce flux conséquent d’images et d’idées, se glissent des affirmations non vérifiées, des fausses images et des théories du complot séduisantes. D’où la nécessité d’initier les jeunes à une compétence indispensable : le fact checking.

Quels sont les enjeux de la désinformation des jeunes ? Comment aider les ados à démêler le vrai du faux — le fameux debunk — et à faire le tri des informations qui circulent sur Internet, réseaux sociaux, médias et IA compris ?

Le fact checking : définition et dangers

Le terme “fact checking”, ou vérification des faits, désigne une technique journalistique consistant à vérifier systématiquement les affirmations de personnalités publiques ou les informations circulant massivement sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas simplement de douter, mais d’authentifier une information en remontant à sa source originelle. Il faut donc être capable aussi d’évaluer ces sources : sont-elles institutionnelles, proviennent-elles d’un média sérieux ou d’un quidam à l’identité masquée ?

Un contexte alarmant

Pourquoi est-ce devenu une priorité de vérifier les sources d’informations ? Selon une étude récente du CLEMI (Centre pour l’Éducation aux Médias et à l’Information), plus de 70 % des jeunes de 15 à 24 ans utilisent les réseaux sociaux comme première source d’information. Or, les algorithmes de ces plateformes ne privilégient pas la vérité, mais l’engagement (le fameux “clic”). Ils se fondent sur une logique probabiliste qui analyse les données en ligne, leur récurrence, leurs taux de clics et de partage, sans nécessairement prendre en compte la fiabilité des sources.

Ainsi, une recherche sur Google privilégie les contenus populaires aux contenus académiques par exemple. Côté IA générative, c’est un peu plus complexe puisque cela va dépendre de l’IA utilisée et de la profondeur du prompt. Il est tout à fait possible de demander à une IA conversationnelle de citer ses sources. Mais ce n’est pas une caution suffisante, car parfois ces sources sont mal interprétées. Il est donc indispensable de vérifier soi-même les contenus utilisés en se rendant sur les sites pour tracer les références.

Par ailleurs, le système algorithmique des réseaux sociaux présente un double biais :

  • La polarisation : Les jeunes s’enferment dans des “bulles de filtre”  où ils ne voient que des opinions confirmant les leurs.
  • La menace démocratique : La désinformation des jeunes peut influencer leur vision du monde, de la science (climat, santé) et de la politique, les rendant vulnérables à des manipulations à grande échelle.
dangers fake news
©Canva Pro

L’arsenal institutionnel : quels outils pour éduquer au fact checking ?

Face aux fake news au collège, l’État et les acteurs médiatiques ont déployé des ressources considérables pour l’éducation aux médias et à l’information (EMI).

Les acteurs clés de l’éducation aux médias

  • Le CLEMI et la SPEM. Chaque année, la Semaine de la Presse et des Médias dans l’École (SPEM) permet de sensibiliser des millions d’élèves. C’est le moment fort de l’éducation aux médias à l’école et au collège. Et l’occasion d’initier les élèves au fact checking lors d’ateliers encadrés par des spécialistes.
  • Lumni (France Télévisions). Cette plateforme propose des vidéos courtes et percutantes pour décrypter les images et les discours (En quête d’images Junior et En quête d’image Ado). C’est un outil précieux pour apprendre à vérifier une information.
  • Brief.me. Ce média, connu pour sa clarté, propose des éditions « Ado » qui synthétisent l’actualité sans sensationnalisme, aidant ainsi à développer l’esprit critique d’un adolescent. Certains établissements souscrivent un abonnement pour leurs classes, disponible via l’ENT.
  • La CNIL a produit également une série de vidéos destinées aux élèves de primaire pour les sensibiliser aux dangers d’Internet. Elle mène aussi des actions de prévention auprès des collégiens en proposant des kits complets reprenant les conseils et bonnes pratiques sur le net.

Le rôle pivot des parents dans l’initiation au fact checking

Si l’école pose les bases, il revient aux parents de discuter avec son enfant des enjeux de l’information. Cela passe par deux axes : cultiver la curiosité et l’esprit critique et initier les enfants aux moyens de vérifier les contenus qu’ils consultent. Il ne s’agit pas de se poser en censeurs, mais plutôt de faciliter la démarche de l’enfant en lui indiquant la marche à suivre pour éviter les manipulations. On invite les enfants à se demander “Info ou intox” ? et à appliquer des méthodes fiables pour vérifier.

À la maison, on peut proposer par exemple en écoute sur l’enceinte Merlin le podcast “Le Vrai ou Faux Junior” de France Info. Ce format court répond directement aux questions des collégiens et lycéens sur les rumeurs du moment. C’est l’outil idéal pour développer son esprit critique et se doter de moyens de vérification de l’information. À écouter en voiture ou au petit-déjeuner pour lancer le débat de manière naturelle en famille.

fact checking Le vrai ou faux junior france info
À écouter sur l’enceinte Merlin sans supplément

Guide pratique de fact checking : les bons outils et réflexes

Pour vérifier une information quand on est ado (et adulte !), il faut disposer d’une ou plusieurs méthodes. Voici les réponses aux questions que vous vous posez pour accompagner votre enfant.

Comment vérifier si une information est vraie ?

Le premier réflexe est la “lecture latérale”. Au lieu de rester sur le site ou la vidéo qui donne l’info, on ouvre un nouvel onglet et on cherche si trois médias reconnus et indépendants traitent de la même information. Si seule une vidéo TikTok “anonyme” en parle, la méfiance est de mise.

Pourquoi les fake news touchent-elles particulièrement les jeunes ?

Ce n’est pas une question d’intelligence, mais de biologie. À l’adolescence, le cerveau est en pleine restructuration. L’amygdale, siège des émotions, est très active, tandis que le cortex préfrontal, responsable du raisonnement logique et du contrôle des impulsions, n’est pas encore totalement achevé. Les fake news jouent justement sur les émotions — l’indignation, la peur ou la surprise — qui biaisent la juste perception des faits et donc la réflexion. L’image et la vidéo influencent massivement l’opinion. Accompagnées d’un discours éloquent, elles convainquent facilement de leur véracité, sans susciter l’effort de vérifier. Celles qui déclenchent de vives émotions sont aussi les plus suspectes.

Or les réseaux sociaux reposent sur des procédés qui favorisent l’addiction aux écrans via notamment un système de récompense (vues, likes, etc.) qui active la dopamine (“molécule du plaisir”). Leur grammaire visuelle et narrative partage les mêmes méthodes que la manipulation de l’information. Difficile dès lors pour un jeune de faire la différence entre une parodie et une fake news.

deepfake et fact checking
©Canva Pro

Les lycéens savent-ils reconnaître les deepfakes ?

Le fact checking se heurte aujourd’hui à l’Intelligence Artificielle, notamment à cause des deepfakes. Un deepfake est une vidéo ou une photo créée par IA montrant une personne disant ou faisant quelque chose qu’elle n’a jamais fait. Les collégiens et lycéens sont souvent les premiers exposés à des deepfakes à caractère parodique, mais aussi à du cyberharcèlement (montages compromettants). Pour les reconnaître, apprenez-leur à observer les détails : un clignement d’yeux irrégulier, des textures de peau trop lisses ou des ombres incohérentes.

Mais surtout invitez-les à prendre du recul critique et à s’interroger sur la plausibilité des situations. Et plus que tout à ne jamais tenir pour vraie une information non vérifiée. Les IA sont suffisamment performantes pour induire en erreur même des personnes avisées. Il est quasiment impossible de les identifier, même après analyse. C’est donc la source elle-même et la traçabilité de cette source qui doit donner des indices fiables de l’authenticité de ces images.

Comment développer l’esprit critique au collège ?

Plusieurs axes peuvent être envisagés pour optimiser les efforts de fact checking :

  • En établissement : Par le biais des professeurs documentalistes qui enseignent la hiérarchie des sources. Pendant les cours d’EMC sous la supervision du professeur d’histoire-géo ou encore en cours de philosophie.
  • En famille : En jouant au parent “poil à gratter”. Quand votre ado vous affirme quelque chose, demandez-lui systématiquement quelle est la source des documents qu’il a consultés. Prenez vous aussi l’habitude de citer systématiquement vos sources lorsque vous évoquez l’actualité ou une information, qu’elle soit sensible ou non. Transformez la vérification en jeu en vous lançant des défis : celui/celle qui trouve le plus rapidement la dépêche AFP ou la source institutionnelle.

Qu’est-ce que l’éducation aux médias (EMI) ?

L’EMI ne se limite pas à débusquer les mensonges. Elle englobe :

  1. Comprendre comment l’information est produite.
  2. Apprendre la différence entre opinion, fait et publicité (notamment les placements de produits et vidéos sponsorisées).
  3. Maîtriser son identité numérique (appliquer les bonnes pratiques en termes de pseudo et de mot de passe, respecter la vie privée et les données personnelles).
  4. Comprendre le modèle économique des plateformes (pourquoi cette vidéo m’est-elle montrée ?) et le système des algorithmes.
désinformation ados
©Canva Pro

Comment parler de désinformation avec son enfant ?

Évitez de faire la morale, votre ado risque de fuir. Fondez-vous sur l’actualité qui le touche (un influenceur, un jeu vidéo, une série). Abordez la question sous l’angle de la manipulation : “Est-ce que tu aimes qu’on te mente pour gagner de l’argent sur ton dos ?” Les ados détestent être pris pour des imbéciles (comme tout le monde en somme !) : c’est un excellent levier pour stimuler leur vigilance !

Comment éviter de partager une fake news ?

Appliquez et transmettez la règle d’or des 7 secondes :

  1. S’arrêter : Ne pas cliquer sur “partager” immédiatement.
  2. Vérifier la source : Qui a écrit ça ? Est-ce un compte parodique ?
  3. Lire au-delà du titre : Souvent, le titre est “putaclic” et le contenu est plus nuancé.
  4. Vérifier la date : Une vieille info ressortie de son contexte est une forme courante de fake news.
  5. Rechercher l’image : Faire une recherche inversée sur Google Images pour voir si la photo n’est pas détournée.

Fact checking sur Internet et les réseaux sociaux

Le fact checking au collège et au lycée n’est pas une option, c’est un kit de survie indispensable pour les jeunes et la démocratie. En tant que parents, notre rôle est d’encourager un “doute raisonnable”. Grâce à des ressources comme Le Vrai Faux junior de France Info à écouter sur l’enceinte Merlin, les ados stimulent leur esprit critique et appliquent des principes clairs et efficaces pour vérifier les contenus qu’ils visionnent et lisent. La guerre de l’information est une réalité qui menace les démocraties européennes. Sensibiliser les enfants aux fake news et deepfakes c’est aussi leur donner les clés de leur propre liberté et préserver les valeurs démocratiques et républicaines.

Et vous, quelle est la dernière fake news que vous avez démythifiée avec votre ado ? Si vous voulez partager vos astuces pour éduquer les enfants aux médias et à l’information, rendez-vous sur nos réseaux sociaux Facebook et Instagram.

La gazette de Merlin

Merlin, c’est le cadeau idéal pour les petits curieux de 3 à 12 ans : des histoires, des documentaires, de la musique… et plus encore, dans une enceinte fabriquée en France !

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