Enseignante, blogueuse éducation et passionnée de littérature jeunesse, Lauriane a pour leitmotiv la pédagogie active, notamment par le théâtre, et la lecture pour tous. Retrouver tous ses articles
Parmi les activités traditionnellement associées à l’enfance, le coloriage se place en bonne position. Même si depuis quelques années, les adultes en ont découvert les vertus apaisantes et s’y adonnent le temps d’une heure au calme. Que développent les enfants en coloriant ? À quel âge proposer les premiers coloriages ? Quels supports choisir pour favoriser leur engagement et leur réussite ?
Quels sont les bienfaits du coloriage pour les enfants ?
L’activité de coloriage présente plusieurs avantages pour l’enfant, dès son plus jeune âge.
À partir de quel âge un enfant peut-il commencer à colorier ?
À partir du moment où le bébé se tient assis seul, on peut lui proposer des gros crayons pour dessiner sur une feuille libre. Il est encore trop tôt pour qu’il puisse coordonner son geste et s’arrêter aux bords des lignes de tracé. Toutefois, il est possible de l’initier au coloriage en l’incitant à colorier une surface que l’on découpera ensuite pour lui donner une forme. Par exemple pour les fêtes de Noël, le bébé peut utiliser son crayon rouge pour remplir une surface d’un quart ou d’une demi-feuille A4. Faites-lui ensuite d’autres feuilles en vert et jaune puis découpez des disques. Enfin, assemblez-les pour en faire une guirlande aux couleurs de Noël.
Vers l’âge de 2 ans, les enfants sont capables de comprendre l’objectif de ne pas dépasser les lignes noires. Certains éditeurs proposent des cahiers de coloriages avec une impression en relief pour que l’enfant matérialise les bordures. Ce repère visuel peut convenir à certains enfants, mais il demeure difficile à respecter. La coordination œil-main n’est pas encore en place et si l’enfant voit le trait noir il ne peut encore contraindre sa main s’y arrêter. Les premiers essais comprendront certainement des débordements. Par ailleurs, les surfaces à remplir sont souvent trop grandes. C’est un avantage pour laisser de la marge à l’enfant dans son geste. Mais en contrepartie le remplissage demande un effort d’endurance difficile à soutenir.
Jusqu’à 3-4 ans, le coloriage s’avère une activité coûteuse en énergie musculaire. L’enfant doit d’abord apprendre à tenir correctement son crayon, à appuyer suffisamment sur la mine sans la casser ni percer la feuille. Il doit également se repérer sur la feuille et prélever des indices visuels nécessitant une bonne capacité d’attention. C’est pourquoi les performance de coloriage ne produisent pas de résultat parfait. Les enfants dépassent encore beaucoup, ne colorient que partiellement les différentes parties, rechignent à terminer. Il faut attendre l’école élémentaire pour observer un réel saut qualitatif, hormis quelques enfants particulièrement doués.
Enfin, le coloriage, en tant qu’activité sans écrans, constitue une alternative enrichissante et épanouissante pour l’enfant. Associé à un temps d’écoute sur l’enceinte Merlin (histoire, documentaire, musique…) il devient une activité motrice et sensorielle totale que les enfants vivent comme une bulle réconfortante.

Faut-il corriger un enfant quand il ne respecte pas les couleurs ?
Comment réagir en tant que parent lorsque l’enfant ne respecte pas la consigne du coloriage ? En fonction de son âge vous n’aurez pas la même approche. Les tout-petits explorent le coloriage, testent leurs gestes, la puissance du trait, l’association des couleurs. Les muscles de leur main se renforcent. Les plus jeunes n’ont pas encore élu leur latéralité et oscillent entre main gauche et main droite en tenant leur outil dans leur paume et non entre leurs doigts. Tous ces tâtonnements sont normaux et accompagnent le développement moteur. Il est inutile et contreproductif de gronder un enfant qui ne réaliserait pas un coloriage conforme.
Vers 4-5 ans, l’enfant est capable de comprendre que s’il souhaite un « beau coloriage » il doit suivre certaines directives. De la contrainte doit jaillir une certaine performance. Attention toutefois à ne pas décourager un enfant qui n’aurait pas encore acquis la dextérité nécessaire à la préhension correcte du crayon. Poursuivez vos encouragements et adaptez le support de coloriage à ses capacités, sans tenir compte de l’âge indiqué sur les cahiers de coloriage du commerce. L’enfant peut avoir de bonnes raisons de ne pas respecter les couleurs du modèle. Il peut ne pas les apprécier, ne pas trouver le crayon adéquat, avoir un autre modèle en tête, etc.
Quelle différence entre coloriages libres et dirigés ?
Le coloriage libre n’indique pas de modèle à suivre et repose sur l’expression artistique de l’enfant. Il s’agit d’une image aux contours cerclés de noir que l’enfant colorie à sa guise. À l’inverse le coloriage dirigé utilise la page en regard pour montrer une image achevée qui doit servir de modèle. La consigne implicite est donc de tenter de reproduire à l’identique les couleurs. La première version fait davantage appel à l’imagination et à la créativité, tandis que la seconde réclame rigueur, organisation et sens aigu de l’observation. Il peut donc être intéressant de proposer les deux afin que l’enfant développe un panel plus étendu de compétences.

Quels coloriages proposer en fonction de l’âge des enfants ?
Du motif le plus simple au plus élaboré, en passant par les jeux, il existe quantité de coloriages adaptés à tous les âges. Et plus l’enfant grandit, plus il mobilise de compétences variées. Les plus jeunes vont colorier des surfaces à grands traits monochromes, dans des formes simples d’abord rectilignes puis courbes.
Les plus grands auront un choix plus large :
- Avec un code couleur. Soit une pastille de couleur orne les parties à colorier. Soit le code figure en bas de la feuille : triangle pour jaune, bleu pour le cercle etc. En plus de colorier, l’enfant mobilise sa capacité de concentration pour identifier les différentes parties du dessin et appliquer le code couleur. Cela développe la mobilité visuelle, la coordination visuo-spatiale et l’attention.
- Coloriages magiques avec des lettres, nombres et calculs. En GS et CP pour reconnaître et distinguer les lettres et leurs différentes graphies, l’enfant colorie selon le code couleur des lettres. Tous les « A » en jaune, tous les « OU » en bleu ou bien tous les « A » en jaune et les « a » en bleu. On peut proposer la même activité avec les nombres, en complexifiant la consigne en fonction du niveau scolaire. Cela peut être « colorie en jaune tout ce qui fait 10 » ou bien plus tard « colorie en vert toutes les fractions également à 1/2 ». Une fois toutes les parties coloriées, une image apparait et révèle un animal, un paysage, un personnage, etc.
- Coloriage reproduction d’œuvres d’art et de paysages (L’art à colorier – Mila éditions, Chefs d’oeuvre de l’art contemporain – Centre Pompidou, collection Mes jolies planches pour grands enfants et adultes éd. Marie Claire : Se mettre au vert à Paris, Un petit tour chez le fleuriste…)
- Coloriages de mandalas. Inspirés de l’hindouisme et du bouddhisme, les motifs de mandalas font partie des coloriages « zen » préférés des enfants. Le principe repose sur l’unité et la symétrie. Dans un cercle se succèdent des motifs figuratifs ou abstraits pour lesquels l’enfant choisit une couleur spécifique. Le résultat allie harmonie et créativité en révélant une ambiance unique, chef-d’oeuvre de l’enfant. De nombreux enseignants ont recours aux mandalas lors des moments de transition en classe entre deux activités. Ils permettent à l’enfant de s’investir dans une activité calme qui sollicite l’attention, sans surstimulation.
- Coloriage et réalité augmentée. Il existe des applications numériques qui transforment les coloriages d’enfants en dessin-animé. L’enfant colorie à la main puis scanne son dessin créatif qui s’ajoute alors à une planche interactive. À tester à partir de 3 ans : Blinkbook et Quiver.

Comment aider un enfant à mieux colorier sans dépasser ?
Le coloriage est un apprentissage qui demande du temps. Avant d’atteindre un résultat « parfait », plusieurs années de pratique sont nécessaires. Afin de ne pas décourager l’enfant, il vaut mieux saluer les réussites plutôt que de souligner les erreurs. Si votre enfant dépasse, vous ne pouvez plus rien faire, sauf à couper ou gommer les débordements. En revanche, vous pouvez veiller à lui fournir un matériel adéquat et lui proposer des activités connexes pour développer ses habiletés motrices et visuelles.
Voici quelques idées pour accompagner votre enfant :
- Choisir un matériel adapté à l’âge et aux aptitudes : crayons triangulaires ou ergonomiques pour une meilleure prise en main, à pointe moyenne plutôt que fine (plus faciles à contrôler et permettant de recouvrir une surface plus rapidement). Par ailleurs, vous pouvez vous procurer des coloriages avec contours épais (2–3 mm). Ces bordures servent de « barrière » pour ne pas dépasser. Pour les plus jeunes, privilégiez les surfaces larges plutôt que des petits détails.
- Peindre avec des doigts pour exercer la motricité digitale, la pose du poignet, le déplacement latéral, ainsi que la gestion de l’espace feuille.
- Peindre ou dessiner sur papier libre, debout sur chevalet pour travailler la mobilité de l’épaule et du bras et harmoniser le développement musculaire du bras dans son ensemble. Par exemple, on peut demander à l’enfant de tracer des arcs-en-ciel ou des vagues très larges au pinceau puis au crayon à pointe large.
- S’exercer à la tenue du crayon. Le crayon doit reposer entre le pouce et l’index, soutenu par le majeur. En effet, une prise trop haute ou trop basse rend le geste instable.
- Effectuer d’autres opérations manuelles : tracer des lignes droites, des ponts et spirales, relier des points, découper avec des ciseaux adaptés, manipuler de la pâte à modeler ou enfiler des perles. Toutes ces actions développent la motricité fine et les muscles des mains.
Une fois toutes ces opérations réalisées, vous pouvez initier votre enfant à la technique du coloriage en tant que telle. Montrez-lui qu’on obtient un meilleur résultat en coloriant dans un seul sens, avec de petits gestes, du haut vers le bas, ou de gauche à droite.

Comment motiver un enfant à faire des coloriages ?
En fonction de l’âge, de la personnalité et des goûts de votre enfant, vous disposez de plusieurs leviers pour l’inciter à prendre son crayon :
- Acheter des cahiers de coloriages à l’effigie de ses héros préférés (Petit Ours Brun, Pokémon…) ou ses passions (les dinosaures, les fées…)
- Imprimer des coloriages en rapport avec l’actualité saisonnière : automne, Noël, carnaval…
- Dessiner vous-même une scène selon ses envies : son doudou préféré, son chat/chien, un château-fort, un dragon…
- Intégrer le coloriage dans un projet créatif pour décorer la maison (calendrier de l’Avent, oeufs de Pâques) ou faire un cadeau à un parent ou un ami.
- Exposer ses coloriages dans un espace dédié pour lui montrer que ses coloriages ont de la valeur à vos yeux.
- Colorier à deux et plus ! Faites du temps de coloriage un moment de détente et de complicité avec votre enfant. Vous vous répartissez les zones à colorier, vous concertez sur le choix des couleurs, vous entraidez pour remplir les grandes surfaces, etc. Les coloriages géants à afficher au mur sont parfaits pour cette activité (nombreux choix dans la marque OMY et POPPIK).
Si votre enfant vous dit qu’il n’aime pas colorier, personnaliser au maximum cette activité selon ses préférences devrait débloquer la situation. N’oubliez pas d’éviter toute pression de réussite. Et si vous ne constatez aucune amélioration dans ses coloriages et que d’autres troubles vous inquiètent, parlez-en à votre médecin. Par exemple, certains troubles du neuro-développement (dyspraxie, TDAH., dysgraphie..) impactent les performances grapho-motrices et nécessitent une prise en charge médicale adaptée.

Où trouver des coloriages gratuits à imprimer pour enfants ?
De nombreux sites proposent d’imprimer des coloriages gratuitement :
- Les coloriages nature du magazine La Salamandre ou encore ceux d’Ekolien ;
- Hugo l’escargot (banque d’images très complète pour tous les âges et tous les goûts) ;
- MonColoriage.fr (plus de 1700 coloriages à imprimer gratuits et disponibles en PDF, sur des thèmes variés) ;
- Tête à modeler (sommaire bien fourni avec des personnages, animaux, contes, sport, Kawaï, etc.) ;
- Coloriagesieducatif.fr (coloriages magiques, Naruto, Peppa Pig, Disney, Harry Potter…) ;
- 10doigts (propose tous les classiques ainsi que des coloriages de mangas, des mandalas et des jeux) ;
- Magicoloriage (on y retrouve les thèmes habituels ainsi que des rubriques « fantastique », « éducatif », et « pixel art ») ;
- Coloriagesaimprimer.com (catégories classiques + films d’animations, films et séries TV, bâtiments et architecture, géographie, alphabet, coloriages numérotés, etc.) ;
- Pinterest…
Le coloriage est une activité de calme et de détente qui permet à l’enfant de développer nombre d’aptitudes, motrices, visuelles et esthétiques. Il aiguise le sens de l’observation et de l’esthétisme et répond aux besoins de manipulation des enfants. Entre 2 et 12 ans, les progrès sont colossaux et passent de traits désordonnés à une maîtrise parfaite du crayon, de l’intensité de la couleur au choix des associations de teintes. En encourageant son enfant et en lui proposant des coloriages adaptés à son âge et à ses goûts, on favorise l’estime de soi et un développement harmonieux.
Si vous voulez partager vos astuces et conseils pour aider les enfants à colorier et apprécier cette activité, rendez-vous sur nos réseaux sociaux Facebook et Instagram !



Les histoires
Les documentaires
La musique
Le calme








