Enseignante, blogueuse éducation et passionnée de littérature jeunesse, Lauriane a pour leitmotiv la pédagogie active, notamment par le théâtre, et la lecture pour tous. Retrouver tous ses articles
Pendant toute l’année l’école donne un cadre horaire et disciplinaire au quotidien. Quand surviennent les vacances, il faut trouver un équilibre entre activités programmées et libres. Dans ce contexte, la problématique “écrans et enfants en vacances” soulève fréquemment des tensions au sein de la famille. Réclamation de la tablette dès le réveil, smartphone actif au-delà de 23h chez les ados, crise de colère au moment d’éteindre le dessin animé du plus jeune… Les écrans déclenchent parfois de pénibles conflits. En tant que parents on se demande alors comment gérer les écrans en vacances. Explorons ensemble les solutions et alternatives pour passer un été agréable, sans se laisser envahir par les écrans !
Un repère utile avant de commencer : la règle 3-6-9-12
De nombreux spécialistes de l’enfance, dont le psychiatre Serge Tisseron ont, depuis longtemps, pointé les dangers des écrans. Leurs recherches ont débouché sur des repères simples pour les familles. Ainsi pour accompagner les enfants dans leur rapport aux écrans selon leur âge, ils préconisent :
- pas d’écran avant 3 ans,
- pas de console personnelle avant 6 ans,
- pas d’Internet accompagné avant 9 ans,
- pas d’Internet seul avant 12 ans,
- et on peut désormais ajouter : pas de réseaux sociaux avant 15 ans (loi du 26 janvier 2026).
Ces repères restent une excellente boussole, y compris pendant l’été, où le rythme change mais pas les besoins de développement de l’enfant. Nous avions consacré un article complet à la question du temps d’écran recommandé par âge, ainsi qu’un autre dédié à la règle 3-6-9-12.
En résumé, il n’existe pas de règle absolue, mais des ordres de grandeur raisonnables :
- 30 à 60 minutes pour les 2-8 ans,
- 1h à 1h30 pour les 9-12 ans,
- pour les 13-15 ans une approche moins comptable, centrée sur la préservation du sommeil et des temps en famille plutôt que sur un minutage strict.
Ces repères sont donnés à titre indicatif : vous connaissez votre enfant mieux que quiconque, et c’est à vous d’ajuster selon son tempérament, sa fatigue ou le contexte du moment (voyage, météo, maladie). À ces recommandations s’ajoutent la sensibilisation aux dangers d’Internet et l’éducation aux médias et à l’information (EMI, incluse dans les programmes de l’Éducation nationale) pour les enfants comme pour les adolescents (notamment vis-à-vis des fakenews). La question du type d’équipement numérique et de l’accès à un smartphone personnel rentrent également en ligne de compte dans la gestion des écrans, durant l’année comme pendant les vacances.
Pourquoi les vacances changent la donne
Les grandes vacances bousculent l’organisation familiale habituelle : plus de temps libre, moins d’horaires imposés et parfois plus d’écrans à disposition. C’est notamment le cas lors des séjours chez les grands-parents, oncles et tantes ou chez des amis plus permissifs. Pendant les congés, les enfants ne sont pas toujours « occupés » et expérimentent l’ennui. Bien que précieux pour l’imagination, il déstabilise parfois l’enfant qui peut avoir pour réflexe de réclamer la tablette pour patienter. C’est souvent le cas lors des temps d’attente dans les lieux publics, que ce soit pendant les trajets, ou au restaurant.
Bien sûr, les écrans ne sont pas plus nocifs l’été qu’en période scolaire, mais le risque de dérive est nettement plus élevé faute d’emploi du temps structuré. Sans école ni activités fixes, une heure de tablette glisse facilement vers deux ou trois… En l’absence de règle claire, posée à l’avance et non dans le feu de l’action, l’enfant a tendance à davantage s’opposer. Écrans et conflits familiaux menacent alors la sérénité des vacances.
Comment éviter de subir les écrans et les intégrer intelligemment à des vacances riches en activités ? Regardons tout ça ensemble !
Punition, autorité et éducation positive : quelle posture adopter ?
Avant d’entrer dans le détail par tranche d’âge, une question revient souvent chez les parents : faut-il sanctionner un enfant qui dépasse son temps d’écran ? Comment maintenir le dialogue tout en restant ferme ? Il n’y a pas de réponse unique, mais quelques repères peuvent aider.
Priver un enfant d’écran en guise de punition pour un comportement qui n’a rien à voir (une bêtise, une mauvaise note) crée souvent plus de frustration que de compréhension. Car l’enfant retient la sanction, pas la raison. À l’inverse, l’approche de l’éducation positive privilégie plutôt l’explication du cadre en amont, la cohérence dans son application, et la recherche de solutions avec l’enfant plutôt que contre lui. Cela ne veut pas dire renoncer à toute autorité parentale. Les enfants ont besoin d’un cadre clair et stable pour grandir. Certains points, comme l’usage encadré des écrans, sont non négociables. Pour être efficace et acceptée, l’autorité doit reposer sur la bienveillance et le dialogue. L’enfant connaît les limites et s’engage à les respecter pour le bien-être de tous les membres de la famille.
En pratique, cela signifie que les parents construisent et énoncent explicitement la règle avant qu’elle ne s’applique. Au moment du conflit, ne fermez pas la porte au dialogue : accepter que votre enfant exprime son ressenti sans pour autant céder sur le fond. Prenez le temps d’expliquer à nouveau les raisons de votre position et proposer des alternatives aux écrans. Si vous limitez ou interdisez un écran, ne lui donnez pas l’impression que sans lui il va s’ennuyer. Valorisez les autres activités en y prenant part, au moins pour amorcer une séquence de jeu. Ça te dit une parti de lotos des odeurs ? Et si on faisait des cookies pour le goûter ?
En fonction de votre temps et des centres d’intérêt de votre enfant, vous orientez son énergie et sa curiosité vers d’autres supports que ceux des écrans. D’objets de désir, ils sont relégués au même rang que d’autres occupations. Les écrans ont un fort pouvoir d’attraction sur le cerveau humain en général et sur celui des ados en particulier car il gère moins bien l’excès de dopamine. Cette réalité hormonale doit inciter à la fois à la prudence et à la fermeté face aux écrans. Mais il convient aussi de rester compréhensif et à l’écoute de son enfant pour l’aider à diminuer sa consommation.
2-8 ans : privilégier le mouvement, la nature et l’imaginaire
À cet âge, le cerveau de l’enfant se construit à travers le jeu physique, la manipulation, les interactions sociales et sensorielles.
Des activités qui font bouger le corps et l’imagination
Les tout-petits et les enfants du primaire apprécient particulièrement :
- Des activités de plein air : chasse aux trésors dans le jardin, vélo, baignade, parcours d’obstacles improvisés.
- Des activités manuelles simples : peinture, pâte à modeler, construction de cabanes.
- Un carnet de vacances illustré, où l’enfant colle une fleur trouvée en randonnée ou dessine ce qu’il a vu à la plage — une excellente alternative aux écrans pour enfants qui stimule autant la motricité que l’observation.
En cas de météo défavorable ou de grosse fatigue, vous pouvez proposer une histoire audio, une comptine, une musique douce pour la sieste sur votre enceinte Merlin. L’enfant profite ainsi d’un temps calme et apaisant sans écran. Il reste actif en mobilisant son imaginaire, tout en se relaxant. L’audio accompagne les temps d’endormissement et s’inscrit facilement dans un rituel d’apaisement, notamment lorsque l’enfant écoute son histoire préférée.
Gérer la crise au moment d’éteindre l’écran
À cet âge, il est fondamental d’anticiper la gestion des temps d’écran pour éviter les conflits. Prévenez cinq minutes avant la fin et proposez une alternative attractive. On éteint la tablette et on va choisir une histoire ensemble. Cela aide l’enfant à se projeter vers un autre plaisir et atténue sa frustration. Ainsi vous évitez de transformer chaque fin d’écran en épreuve de force !
9-12 ans : donner des repères clairs et impliquer l’enfant
Les préados commencent à réclamer plus d’autonomie, notamment numérique. C’est aussi l’âge où l’on peut commencer à co-construire les règles d’écran en vacances avec eux, plutôt que de les imposer unilatéralement.
Fixer des règles sans déclencher de conflit
La règle doit être fixée en dehors des moments où elle s’applique pour pouvoir être discutée “à froid” et non au moment où vous demandez à votre enfant d’éteindre l’écran. Par exemple, vous pouvez définir en amont un créneau quotidien qui respecte les horaires de repas, de coucher et les sorties en famille. Lors des moments “sans écran”, veillez à convenir ensemble des activités autonomes possibles en vacances (piscine, trampoline, lecture, etc.).
Un enfant qui a participé à la définition de la règle la respecte généralement mieux qu’une règle imposée sans concertation. C’est aussi une manière concrète d’exercer une autorité parentale qui reste bienveillante, en distinguant le cadre (non négociable) de la façon de l’atteindre (discutée ensemble).
Les outils de contrôle parental, un appui plus qu’une sanction
À cet âge, les enfants commencent à être à l’aise avec le matériel numérique et les logiciels. D’où la nécessité de mettre en place des outils de contrôle parental :
- Restriction d’accès à certaines applications ou jeux non adaptés à l’âge,
- Filtrage des contenus,
- Minuteurs intégrés au système d’exploitation ou à des applications dédiées,
- Blocage des achats intégrés.
L’idée n’est pas de surveiller en cachette, mais de poser un cadre technique cohérent avec la règle discutée en famille. Encore une fois, il est important d’expliquer les raisons du contrôle parental qui a vocation à protéger et non à punir. L’enfant sera sensible au fait que vous créiez les conditions d’un usage sécurisé. Oui pour apprendre une langue étrangère, regarder un tuto de DIY ou écouter de la musique, mais pas sans précautions préalables !
Des activités qui les rendent acteurs
Pour limiter les écrans des enfants sans frustration, misez sur des activités qui les valorisent :
- Apprentissage d’un sport collectif ou d’un loisir estival (natation, escalade, tennis), notamment dans le cadre d’un club de vacances ou club de plage.
- Ateliers créatifs : aquarelle, poterie, fabrication de savons ou de bijoux — de nombreux centres de loisirs et médiathèques proposent des stages l’été, souvent peu coûteux.
- Un carnet de voyage plus élaboré : photos prises avec un appareil photo dédié, légendes, petits reportages sur les lieux visités.
- Des sorties culturelles : musée, exposition, spectacle de rue, visite d’un site historique.
Que proposer les jours calmes, pluvieux ou trop chauds pour sortir ?
Le numérique peut redevenir un allié plutôt qu’un problème, à condition de bien choisir : observation du ciel et des étoiles avec une application dédiée, jeux éducatifs, initiation à une langue étrangère en autonomie. Et pour les temps de repos ou les trajets, l’enceinte Merlin permet d’écouter un documentaire audio, un podcast pour enfants ou une histoire longue en plusieurs épisodes (Roald Dahl, Le Journal de Gurty, Lucky Luke, Astérix, etc.). De quoi nourrir la curiosité et l’imaginaire des enfants ! C’est également une solution efficace pour les occuper pendant un long trajet en voiture ou en train. Contrairement à la tablette, l’audio ne provoque pas de mal des transports et laisse l’enfant regarder le paysage tout en étant captivé par le récit.
13-15 ans : responsabiliser plutôt qu’imposer
Avec les ados, l’enjeu change de nature. Les écrans ne sont plus seulement un loisir : ce sont aussi des outils sociaux qui leur permettent de rester en contact avec leurs amis. C’est d’autant plus vrai pendant l’été quand les copains sont dispersés. C’est pourquoi Interdire strictement les outils de communication instantanée risque de créer de l’isolement et des conflits. Comment concilier lien social et santé mentale et sécurité numérique ? L’enjeu dépasse le temps d’écran et concerne plutôt la sécurité et un équilibre global : sommeil préservé, activités variées, moments en famille maintenus.
Réseaux sociaux et outils de contrôle adaptés à l’adolescence
C’est généralement autour de cet âge que les réseaux sociaux entrent en scène, de manière directe ou indirecte via des canaux détournés comme YouTube ou WhatsApp. Les outils de contrôle parental restent pertinents, mais leur usage évolue. Plutôt que de bloquer entièrement l’accès, il s’agit souvent de limiter certains réseaux selon l’âge légal minimum. On peut aussi configurer les paramètres de confidentialité des comptes et fixer des horaires de coupure automatique le soir. Ces outils fonctionnent d’autant mieux qu’ils sont présentés comme un cadre commun et non comme une surveillance unilatérale. N’oubliez pas qu’un ado impliqué dans le choix des règles les respecte davantage que si elles lui sont imposées sans concertation.
Sanction ou dialogue : la question de l’autorité à l’adolescence
Face à un ado peu coopératif, la tentation est grande de confisquer purement et simplement le téléphone. Mais bien souvent cette solution est inefficace, car elle est vécue comme une coupure sociale brutale et non une simple limite. Mieux vaut privilégier une discussion sur les conséquences concrètes d’un usage excessif (fatigue, retard, isolement) que de sanctionner en coupant court au dialogue. Cela n’empêche pas de maintenir une autorité parentale ferme sur certains points non négociables, notamment le respect du sommeil. Interdire totalement les écrans à un ado pendant les vacances peut s’avérer peu réaliste, surtout s’il les utilise régulièrement le reste de l’année.
Des activités qui construisent leur autonomie
Il convient plutôt de veiller à l’équilibre global des usages et de proposer des activités sans écran motivantes. Un escape game, un parcours aventure, du kite surf, un karaoké…
En outre, les adolescents ont aussi besoin d’activités qui encouragent leur autonomie :
- Projets qui valorisent leurs compétences et talents : monter un reportage photo de l’été, apprendre à cuisiner un plat, s’initier à un instrument, participer à un chantier bénévole ou un stage sportif intensif.
- Colonies de vacances, séjours ou sorties entre amis, encadrés par les règles familiales : c’est souvent ce qui « décroche » le plus naturellement un ado de son téléphone !
Par ailleurs, l’enceinte Merlin garde tout son intérêt à cet âge : podcasts documentaires (Mission Poséidon, Le vrai ou faux junior, etc.) sur des sujets qui les passionnent (Calder, Rêver en équilibre), musique pour danser ou se relaxer avant de dormir, fictions audio plus longues et plus complexes (Agence Perdido, Le Crime de l’Orient-Express, etc.). C’est une manière de continuer à nourrir leur curiosité et leur imaginaire, sans écran, à un âge où le sommeil et l’attention sont particulièrement sollicités par les smartphones.
Un temps sans écran pour toute la famille
Au-delà des règles propres à chaque enfant, un des leviers les plus efficaces reste l’exemple donné par les parents eux-mêmes ! Les vacances sont un moment idéal pour instaurer des temps sans écran pour toute la famille : soirée jeux de société, balade en forêt, préparation d’un menu festif, mini concert… Cette déconnexion numérique en famille, même ponctuelle, a aussi l’avantage de rendre les règles plus légitimes aux yeux des enfants : elles s’appliquent à tous, pas seulement à eux.
Occuper les enfants sans écran pendant l’été repose sur des règles simples et posées à l’avance. Elle s’appuie sur une autorité parentale bienveillante qui privilégie le dialogue et l’explication, sans transiger sur les fondamentaux que sont le sommeil et les repas. La gestion des écrans suppose également des contre-propositions riches et adaptées à l’âge et aux intérêts de l’enfant. Ce sont généralement des activités physiques et créatives qui répondent à la curiosité de l’enfant et l’aident à s’épanouir durant son développement. Grâce aux outils de contrôle et à une sélection réfléchie des contenus et applications pour enfants, on peut tirer partie du meilleur du numérique. Et pour varier les activités et ménager des temps de repos, l’enceinte Merlin propose le meilleur de l’audio pour tous les âges et toutes les envies : histoires, comptines, documentaires, musique… De quoi passer un été apaisé et riche en découvertes !
Et chez vous, comment ça se passe ? Quelles règles s’appliquent pour l’usage des écrans l’été ? Rendez-vous sur nos réseaux sociaux Facebook et Instagram pour partager votre expérience.



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