Enseignante, blogueuse éducation et passionnée de littérature jeunesse, Lauriane a pour leitmotiv la pédagogie active, notamment par le théâtre, et la lecture pour tous. Retrouver tous ses articles
Aujourd’hui, rares sont les collégiens sans téléphone portable dans la poche. Pourtant, nombreux sont les parents inquiets de la surexposition aux écrans, de la dépendance aux réseaux sociaux ou des risques liés à un usage précoce d’un smartphone. La bonne nouvelle ? Il existe désormais de vraies alternatives au smartphone pour les ados, qui permettent de rester joignable sans ouvrir la porte à tout Internet.
Loi, contexte et enjeux de la surexposition aux écrans
Depuis 2018, la loi sur l’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège interdit l’usage des appareils connectés pendant les cours. Ce cadre vise à limiter la distraction et à protéger les enfants d’une exposition excessive. Pour autant, dès l’entrée en 6e, la pression sociale est forte. Selon le site Solidarités.gouv, “les enfants ont leur premier smartphone en moyenne à l’âge de 9 ans.” Et “plus précisément, 67% des enfants de 8 à 15 ans possèdent un smartphone, et 47% un ordinateur personnel. D’autre part, 40% d’entre eux possèdent une tablette personnelle avec internet.” (franceinfo).
Les pré-ados subissent une pression pour se connecter
On peut donc en conclure qu’une majorité d’enfant entrant au collège possèdent déjà un équipement personnel. Les parents estiment plus rassurant de doter les pré-ados d’un téléphone pour suivre leurs déplacements. Ils ne cèdent pas tous au smartphone et peuvent préférer un téléphone à touche, mais bien souvent l’entrée en 6e déclenche l’achat d’un smartphone. En effet, les enfants vivent une forte injonction de participation aux canaux de communication, notamment WhatsApp. Au départ pour recevoir rapidement les informations de la classe, puis pour participer aux échanges du groupe classe. De même, la nécessité de connexion aux ENT incite les adultes à équiper leurs enfants de téléphones connectés à Internet. Un vrai dilemme pour les parents.
Les conséquences d’une surexposition aux écrans sur les enfants
Surtout quand on sait que les études scientifiques sont unanimes sur les conséquences de la surexposition aux écrans. À la passivité du visionnage télévisuel simple s’ajoute désormais le spectre des dangers d’Internet (cyberharcèlement, pédocriminalité, hameçonnage…). D’après une enquête de l’institut IPSOS pour le Centre national du Livre (CNL, chez « les enfants âgés de 7 à 9 ans, la moyenne quotidienne [d’écran] s’élève à 1h50 pour les garçons et 2h20 pour les filles. » Pourquoi est-ce un problème ? De nombreuses recherches ont montré que l’abus d’écran altère la concentration, le sommeil, l’estime de soi et même la santé mentale des adolescents. En particulier, les notifications permanentes favorisent la dispersion, réduisent le temps de lecture et diminuent les interactions réelles.
Mais ce constat, aussi fort et scientifique soit-il, peine à freiner les usages, car certaines applications et réseaux sociaux reposent sur une mécanique hautement addictive. Les jeunes ont du mal à s’en départir, et bien souvent leurs parents aussi ! Sans une véritable volonté éclairée de freiner la consommation d’écrans et de privilégier la qualité des contenus, la bataille semble inégale face aux puissants algorithmes.
Alors comment rester en phase avec son enfant, son besoin de vie sociale et de numérique sans céder au smartphone ? Certaines solutions gagnent du terrain avec des équipements fonctionnels, sécurisés et bien plus adaptés à la maturité d’un jeune de 11 à 13 ans.

Alternatives au smartphone : communiquer dans un environnement sécurisé
Avant de se demander quel modèle acheter, il faut d’abord se poser la bonne question : de quoi veut-on que l’appareil soit capable ? Pour la grande majorité des collégiens, les besoins sont simples : pouvoir téléphoner, envoyer un message, écouter de la musique ou un podcast, et garder une certaine autonomie s’ils rentrent seuls.
Le téléphone sans internet, une solution accessible
Bonne nouvelle : il existe des téléphones sans internet pour ado ! Ces modèles se concentrent sur l’essentiel : appels, SMS, parfois un lecteur audio ou une lampe torche. Pas de navigateur, pas de réseaux sociaux, et parfois même pas d’appareil photo.
Pour les enfants plus jeunes, certains parents privilégient un téléphone sans écran et à touches. Un moyen de rassurer lors des trajets domicile-école. Ce type d’appareil réduit clairement les risques d’exposition à des contenus inadaptés et soutient le lien de confiance entre parent et enfant. On montre qu’on reconnait l’autonomie grandissante de l’enfant, sans pour autant démissionner de son rôle préventif et protecteur.
À la question “est-il possible de retarder le smartphone en 6ᵉ ?”, la réponse est donc oui. C’est possible grâce à ces appareils “intermédiaires” qui marquent la transition école/collège sans ouvrir la boîte de Pandore d’Internet !
Musique et podcasts, des alternatives positives au smartphone
Enfants et adolescents disposent d’une offre audio riche et variée : musique, podcasts, documentaires, livres audio. Si les smartphones sont une porte d’entrée évidente vers ces contenus, ils ne sont pas les seuls. En effet, il est tout à fait possible d’accéder à ces contenus numériques via des équipements déconnectés et tout aussi performants. Traditionnellement l’écoute peut se faire sur un lecteur CD ou un lecteur MP3, avec une enceinte Bluetooth pour un rendement amélioré. Les enceintes audio, comme l’enceinte Merlin, permettent aussi d’embarquer histoires, documentaires et musique de manière sécurisée via l’application parentale. Une fois téléchargés, les contenus sont accessibles sans connexion à Internet et en totale autonomie. Les plus grands peuvent également piocher dans le catalogue payant pour y trouver des romans pour pré-ados/ados (Nos voisins les deux gredins, Percy Jackson, Jefferson, La Quête d’Ewilan, Agence Perdido, …) et des podcasts d’actualité adaptés à leur âge (1 jour 1 question)…
Ces alternatives au smartphone pour pré-ados et ados valorisent l’écoute active, la détente et la créativité, tout en évitant les notifications et publicités intrusives. Et avec leur enceinte Merlin, les 6-12 ans ont aussi accès à Mon petit France Inter, une radio sans publicité entièrement dédiée à cette tranche d’âge. Ils y retrouvent leurs podcasts préférés pour explorer les sciences (Olma, Les aventures du Professeur Caillou… ), l’histoire (Les Odyssées), la musique (La Discomobile), ainsi que des histoires (série d’aventures Tina), etc.
Marques et modèles qui misent sur la sobriété numérique
Ces dernières années, plusieurs marques européennes ont développé des téléphones sans Internet pour adolescent. Elles proposent des designs attractifs, proches des smartphones classiques, mais entièrement dépourvus de réseaux sociaux ou de navigateur.
Neow, le téléphone minimaliste et français
Fabriqué en France, le Neow cible les collégiens. Il combine appels, SMS et agenda, avec une interface moderne et intuitive. Pas d’accès à Internet ni à aucune application sociale, mais la possibilité de stocker de la musique, d’écouter la radio et de géolocaliser l’appareil via une application parentale. Un compromis très apprécié des familles.
The Phone : un design smartphone sans la connectivité
The Phone, conçu au Danemark, se veut “cool mais sobre”. Extérieurement très proche d’un smartphone, il ne propose qu’un nombre réduit d’applications (SMS, appareil photo, calendrier, musique). Ce premier téléphone de collège rassure les parents tout en donnant le sentiment d’un vrai “téléphone de grand” à l’enfant.
SmarTeen, pensé pour les ados responsables
Avec SmarTeen, l’idée est de responsabiliser l’utilisateur. L’appareil permet la téléphonie, les SMS et certaines applications pédagogiques hors ligne, mais aucune messagerie instantanée ni accès au Web. Ce téléphone sans Internet pour ado s’adresse aux jeunes qui souhaitent plus d’autonomie sans dérives numériques.
Tous ces modèles répondent parfaitement à la préoccupation parentale “Comment joindre son enfant sans smartphone ?”. Ces téléphones sécurisés et limités permettent de communiquer facilement sans tomber dans la spirale des écrans.
Les montres connectées : un bon compromis face au smartphone ?
Pour les enfants de primaire ou les jeunes collégiens, la montre connectée avec fonction téléphone représente une option intéressante. Elle permet d’appeler et d’envoyer des messages vocaux à une liste de numéros autorisés, sans accès à Internet. Les parents peuvent suivre les trajets en temps réel et définir des plages hors connexion pendant la classe ou la nuit.
Ainsi, une montre connectée peut parfaitement remplacer un téléphone jusqu’à l’âge de 11/12 ans. Au-delà, les jeunes réclament souvent un appareil plus personnel. Mais ce type de solution reste intéressant pour les débuts d’autonomie — trajet d’école, activités extrascolaires, sorties entre amis. Certains opérateurs téléphoniques proposent des montres connectées avec abonnement (environ 5 euros par mois). De leur côté, les fabricants de montres connectées pour enfants vendent également leurs équipements avec une carte SIM. Dans ce cas vous paierez un abonnement mensuel auprès de la marque (opérateur virtuel adossé parfois à plusieurs réseaux).
Retarder l’usage du smartphone : une décision éducative forte
Donner un smartphone trop tôt n’est pas anodin. Le principal risque reste la perte de contrôle sur le temps d’écran, la comparaison sociale sur les réseaux et l’exposition à des contenus inadaptés.
Préserver les interactions sociales réelles
Les psychologues de l’adolescence soulignent que la maturité émotionnelle nécessaire à la gestion d’un appareil connecté se développe progressivement. Avant l’âge de 13-14 ans, l’autorégulation est difficile à mettre en place, notamment lorsqu’elle est freinée par la dopamine. Le centre de recherches en neurosciences de Lyon explique notre dépendance — enfants comme adultes — à ce messager chimique surnommé “molécule du plaisir” (Institut du cerveau). “Tout commence avec la dopamine, un neuromédiateur qui active le système de récompense dans une zone de notre cerveau comprenant le stratum et le cortex préfrontal. Une précieuse molécule dont le pouvoir n’a pas échappé aux entreprises de la tech, qu’elles soient installées dans la Silicon Valley ou en Chine. Leur mission : capter notre attention et nous rendre toujours plus dépendants à des réseaux sociaux élaborés dans le plus grand secret et qui évoluent en permanence.”
C’est pour cette raison que le législateur a prévu d’interdire des réseaux sociaux aux moins de 15 ans (loi adoptée à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026). Mesure par ailleurs critiquée par certains chercheurs car elle ne remet pas en question le fonctionnement des applications. Ces derniers soulignent également que la loi évacue toute responsabilité des fournisseurs, ce qui exclut toute possibilité d’amélioration des produits. Enfin, des spécialistes de l’enfance rappellent que l’usage des écrans nécessite une éducation numérique et que la sensibilisation des familles et la prévention auprès des jeunes, dès l’âge de 6 ans, sont des leviers plus efficaces que l’interdiction pure et simple.
Ainsi, en retardant l’acquisition d’un smartphone pour leurs enfants, les parents participent concrètement à les éloigner des dangers et dérives des écrans et d’Internet. Ils les aident à construire des habitudes saines et durables : lecture, écoute, relations sociales en face à face et usages numériques centrés sur des contenus fiables, vérifiés et utiles.

Gérer la pression sociale et rassurer son ado
La question la plus délicate n’est pas toujours technique, mais sociale. Certains enfants ressentent une forme d’exclusion lorsqu’ils n’ont pas de smartphone alors que “tous les autres” en ont un. Dans ces situations, il est essentiel de :
- Expliquer clairement les raisons du choix familial : sécurité, autonomie progressive, équilibre numérique.
- Impliquer l’enfant dans la discussion, pour éviter la sensation d’imposition unilatérale.
- Valoriser son autonomie : un téléphone sans Internet ou une montre connectée, c’est déjà une responsabilité.
- Créer des temps de parole sur les réseaux sociaux, pour aborder les aspects positifs et les risques. Avant de passer le cap vers 15 ans, il est indispensable de rappeler les règles de base : mot de passe fort, identité et données de navigation protégées, reconnaître, exclure et signaler les prises de contact “douteuses”, etc.
Les parents peuvent aussi se regrouper : proposer aux associations de parents d’élèves ou aux écoles des moments d’échange sur l’usage des écrans. De plus en plus d’établissements soutiennent ces démarches à l’entrée en 6e. Ils encourageant à remplacer le smartphone au collège par une solution plus sobre et éducative.
Vers un nouveau rapport au numérique
Les alternatives au smartphone ouvrent une voie prometteuse : celle d’un usage raisonné, progressif et serein. En offrant un outil limité mais moderne — un téléphone minimaliste, une montre connectée, ou un lecteur audio — les parents posent un cadre clair. La technologie est là pour rendre service, non pour détourner l’attention ou favoriser la comparaison constante.
Les adolescents grandissent ainsi avec une autonomie numérique encadrée, sans se sentir exclus. Et à l’heure de leur premier vrai smartphone, ils auront déjà appris les bons réflexes : éteindre la nuit, ne pas répondre à tout instant, limiter le partage d’images.
Et vous, quels appareils conseilleriez-vous aux autres parents pour retarder l’acquisition d’un smartphone et garantir la sécurité des pré-ados et ados ? Rendez-vous sur nos réseaux sociaux Facebook et Instagram pour partager vos idées !



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